En Terre Scandinave - Le Polar Polaire chez ALBIN MICHEL

Le livre

L’Heure trouble Février 2009
Format : 240 mm x 155 mm
432 pages
19.80 €
Johan Theorin Partager

L’Heure trouble

À l’heure trouble avant la tombée de la nuit, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d’une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l’affaire ? Pourquoi toutes les pistes mènent-elles à un criminel mort il y a longtemps ?

Dans une oppressante atmosphère de huis-clos, une étrange histoire de deuil, d’oubli et de pardon, hantée par les ombres du passé...

L'Auteur

Reconnu comme un des maîtres du polar scandinave, Johan Theorin passe, depuis l’enfance, tous ses étés sur l’île d’Öland où se situent ses romans. Johan Theorin

Le maître du polar passe tous ses étés sur l’île d’Öland où se situent ses romans

Presse

« Un roman qui justifie amplement l’engouement que connait le polar suédois, un auteur dont il va falloir retenir le nom. » Le Monde des livres

« L’amateur d’enquêtes nordiques y trouve, à la place de l’ordinaire neutralité, une mélancolie amère, et à l’encontre du réalisme de mise, une ambiance fantastique assumé. »
Le Magazine littéraire

« Theorin convoque un lyrisme, une ambiance fantastique, qui tranchent avec le réalisme de ses confrères. » Le Figaro Magazine

L'avis du libraire

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Öland, septembre 1972

Le mur de grosses pierres rondes couvertes de lichens gris était aussi haut que le petit garçon. Il n’arrivait à voir par-dessus qu’en se mettant  sur la pointe  des pieds dans ses sandales. Tout était gris et brumeux  de l’autre côté. Le monde aurait pu finir là, devant lui, mais il savait que c’était le contraire – le monde commençait de l’autre côté du mur. C’était le vaste monde, hors du jardin de ses grands-parents. Découvrir le monde de l’autre côté du mur lui avait fait envie tout l’été.

Il avait essayé de l’escalader à deux reprises. Les deux fois, il avait lâché prise parmi les pierres inégales et était retombé à la renverse dans l’herbe humide.

Le petit  garçon  n’avait pas renoncé,  et la troisième fois fut la bonne. Il prit une inspiration, se hissa en s’accrochant aux pierres froides et parvint au sommet du mur.

C’était pour lui une victoire – il allait bientôt avoir six ans, et c’était le premier mur qu’il escaladait de sa vie. Il resta un moment assis là, comme un roi sur son trône. Le monde de l’autre côté du mur était vaste, sans limites, mais gris et flou, aussi. Le brouillard arrivé sur l’île au cours de l’après-midi empêchait le petit garçon de distinguer grand-chose, mais il voyait au bas du mur l’herbe jaunie d’un petit pré. Plus loin, il apercevait quelques genévriers noueux et des rochers couverts de mousse qui sortaient de terre ici ou là. Le sol était aussi plat que dans le jardin derrière lui, mais, de l’autre côté, tout semblait plus sauvage, étrange et attirant.

Interview

Johan Theorin, de passage à Paris, a bien voulu répondre à nos questions sur son premier roman, L’Heure trouble, paru chez Albin michel en février 2009.

Qu’est-ce qui vous a poussé à situer vos trois premiers romans sur l’île d’Öland ?
Si Öland était une personne, elle aurait une double personnalité. L’île est connue en Suède comme un lieu de vacances d’été où l’on peut profiter du soleil et des plages et faire de la voile. Plus de 200 000 touristes s’y rendent chaque année en juillet et la famille royale possède une maison de vacances sur sa côte ouest.
Mais le reste de l’année, c’est un désert, surtout au nord où j’habite, où de nombreux villages sont absolument vides la plupart de l’année. Ces contrastes me fascinent et je spécule dans mes livres sur les choses sinistres et effrayantes qui pourraient se passer pendant l’hiver dans les villages isolés d’Öland.

Effectuez-vous beaucoup de recherches pour vos livres ? Quelle y est la part de réalité et de fiction ?
L’île d’Öland est très réelle, la famille de ma mère en est originaire, et j’y ai passé tous mes étés depuis ma naissance. J’y ai aussi rencontré des gens qui ressemblent aux personnages de mes livres. Je lis pas mal de documents et de journaux qui s’y réfèrent, je discute avec des policiers, des spécialistes des scènes de crime, des médecins, pour ne pas faire d’erreurs. Ecrire un roman, c’est construire une mosaïque de fiction à partir de morceaux de réalité.

Vous avez toujours aimé écrire ?
Oui, mais en fait, ce que je préfère c’est rêver autour de l’histoire. J’ai toujours été un rêveur éveillé. Ma mère dit que j’ai commencé à lui raconter des récits d’aventure bien avant de savoir écrire, dès l’âge de 4 ou 5 ans, dans la cuisine. Je réfléchis longuement à mes personnages, aux lieux de l’action, avant de me mettre à écrire.

Comment êtes-vous passé du journalisme à l’écriture de romans ?
J’écrivais de la fiction avant d’être journaliste. J’ai publié des nouvelles dans la presse pendant vingt cinq ans, mais elles n’ont pas eu un grand lectorat… Le public m’a vraiment découvert avec mes romans.

Comment décririez-vous vos livres ?
Comme un mélange de roman noir, de folklore scandinave et de surnaturel. Pas vraiment de l’horreur ou de la fantasy –le surnaturel reste en trame de fond et je laisse au lecteur le soin de décider si les fantômes ou les prémonitions existent ou non. Moi-même, je ne saurais me prononcer sur le sujet.

Certains de vos personnages sont-ils fondés sur des gens que vous connaissez ?
Le vieux Gerlof, capitaine à la retraite, s’inspire de mon grand-père Ellert Gerlofsson, qui a navigué sur la Baltique à bord d’un bateau à voiles. Il m’a raconté de fabuleuses histoires. Mais Ellert est mort quand j’étais encore très jeune aussi je crois que l’écriture est une manière de lui redonner vie.

L’Echo des morts a reçu le prix Clé de verre du meilleur polar scandinave en 2008 et L’Heure trouble, celui du meilleur premier roman suédois en 2007 et, en Angleterre, le Dagger du meilleur premier polar en 2009. Cela fait quel effet de recevoir des récompenses aussi prestigieuses ?
Cela rend extrêmement heureux ! Les cérémonies de remise de prix en Suède, en Islande et à Londres étaient de grands moments et c’est toujours agréable d’être complimenté par un jury qui a aimé votre livre. Mais quand on écrit, on ne doit pas penser à ça. C’est juste un super bonus.

Vous avez toujours vécu en Suède ?
Non, quand j’étais étudiant, j’ai passé deux ans aux U.S.A., au Michigan et au Vermont. Des climats très semblables à celui de la Suède. J’ai aussi vécu deux mois en France. Bien plus clément…

Quels sont vos auteurs préférés ?
Ils sont nombreux. Un de mes favoris est Peter Straub, surtout connu parce qu’il écrit à quatre mains avec Stephen King. Mais il a écrit seul plusieurs romans étranges et beaux. J’aime bien aussi les auteurs de polar qui travaillent vraiment leurs personnages comme Karin Fossum, Dennis Lehane ou Ruth Rendell.

Qu’est-ce qui vous fait peur ?
Les vieilles maisons sombres dans la campagne et l’idée de devoir y passer la nuit. Un truc que je ne ferai jamais –du moins pas tout seul !

 

Propos recueillis par Marilou Pierrat

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